Accueil > La vie chez les Oldies > Match contre La Mauvaise Pente
Mes petits canous, les coaches auront beau imaginer les schémas tactiques les plus élaborés, inventer les combinaisons les plus complexes, à ‘man donné, la seule et unique consigne à appliquer est celle-ci : ne pas s’enlever de devant.
Fort heureusement, les DO, vendredi, se sont très bien conformés à cette exigence, comme nous l’allons voir tout à l’heure.
Nous étions donc conviés à affronter les gaillards de la Mauvaise Pente, quelque part sur les hauteurs de la capitale des Gaules, à un jet de pierre de la basilique de Fourvière et de la pseudo tour Eiffel, dans un petit stade habilement inséré entre l’EHPAD, où nous finirons peut-être, et le cemitière, où nous finirons sûrement. La pelouse synthétique était si belle qu’on l’aurait crue, ben, synthétique. Le temps était quelque peu frisquet et les DO présentaient une équipe justement fort présentable et briefée comme il se doit par Coach Renato, hélas absent.
Quant à nos adversaires de noir vêtus, ils étaient l’émanation d’un club dénommé COL. Serait-ce pour nous autres un COL de 4ème, 3ème, 2ème, 1ère ou hors catégorie ? Nous n’en savions encore rien.
1ER TIERS-TEMPS
On était à peine sortis des vestiaires que les bleu et rose se jetaient à l’attaque comme des morts de faim, faisaient voler le ballon de main en main, s’illustrant par des courses tranchantes, un jeu dans le temps juste, bref, tout ce qu’il faut pour rire et s’amuser en société. L’assaut était donné à l’en-but adverse, et, comme cela arrive parfois, sur la première passe approximative les gones de la Mauvaise Pente interceptaient, et, malgré un retour désespéré de Kevin, allaient pointer en but 80 mètres plus loin. Ballot, non ?
D’autres que nos gus se seraient lamentés, arraché les cheveux, que sais-je, mais nenni ! À peine le coup de renvoi donné que les nôtres reprenaient de plus belle la marche en avant. Yoann, insaisissable, nous gratifiait de galipettes esthétiques rappelant un chamois sur les pentes des Alpes, et laissait tout le monde sur place pour mettre sur orbite son Tonton, d’un geste népotique (de nepos, neveu). Mais la course avunculaire (allez voir dans le dico) s’acheva en touche, par la faute d’un plaqueur adverse, alors que le public entier (soit deux personnes) avait déjà commencé à se réjouir. Même situation une poignée de secondes plus tard. Brèfle, ça attaquait dans tous les coins, mais quant ça ne passe pas d’une manière, essayons-en une autre, et Vincent, dans une forme éblouissante, s’arrachait après une mêlée pour aller à dame.
Ledit Vincent, ainsi que son complice Olivier S, faisait une belle moisson en touche, et Guillaume délivrait un maître coup de pompe, obligeant un des noirs à toucher en but. Sur le renvoi d’en-but consécutif, cad-deb de Yoann à montrer dans les écoles de rugby, retour à l’intérieur vers Guillaume et essai.
Nos fiers gars ne voulurent pas en rester là, et persistèrent à faire le siège de l’en-but adverse, et à force de pilonner, l’adversaire finit par craquer, et FloKader par s’écrouler lui aussi en but, aidé par tous ses potes
MP : 1 DO : 3
2ÈME TIERS-TEMPS
Après l’interruption, les intentions étaient toujours là, mais si en droit pénal, l’intention vaut le fait, il n’en est pas de même au rrruby. On sentait bien que les gestes commençaient à manquer de précision, les plaquages de tranchant, et on voyait se multiplier les passes casse-croûte, (ou plutôt snack quand Eamonn en était coupable), les balles en cloche comme si Pâques était déjà là, les combinaisons où la balle finissait dans les mains de l’adversaire. L’ennui, c’est que l’arbitre du 1er tiers-temps, un jeunot, avait troqué son sifflet contre une tunique de n° 10, et animait le jeu de main et pied de maître, confinant les DO dans leur camp. De même, il commençait à y avoir quelque déchet en touche. Pour tout arranger, en sus de leur 10 déjà mentionné, les noirs avaient fait rentrer un gars de fort tonnage, paraît-il international colombien (Aurélien a pu apprécier), qu’il valait mieux prendre aux pattes, sous peine de se retrouver sur le cul, comme Sam en fit la douloureuse expérience. Autant dire que ça ne rigolait plus. Le plus clair de la partie se déroulait près de notre ligne, mais un éclair dans cette nuit noire vit se développer un contre express. Coup de pied à suivre de Yoann, me semble t’il, bévue d’un adversaire dans son en-but, et Steph aplatissait la béchigue. Hélas, trois fois hélas, le référé, un certain Mictibo, suivant l’action à quelque 50 mètres, et n’étant pas muni d’un téléobjectif, crut le rester (objectif) et n’accorda pas un essai parfaitement valable.
(NDR : il y a eu arbitrage vidéo depuis, et il y avait bien en-avant. Bravo à Mick pour l’arbitrage)
Voici comment les noirs recommencèrent à pilonner notre ligne de défense à qui mieux-mieux, acquis vieux-vieux. Voyant que ça ne passait pas devant, leur sacré 10 eut enfin l’idée d’écarter prestement sur l’aile, et leur ailier put plonger comme à la télé.
MP : 1 DO : 0
3ÈME TIERS-TEMPS
Donc, beaucoup plus de questions que de réponses à l’issue de cette période. Les noirs allaient-ils finir par porter le deuil de leurs adversaires ? Allaient-il réussir, à force de persévérance, à tuer nos espoirs, tant il est vrai que le COL tue lentement ?
Et c’était reparti pour une grosse séance de défense. Dans le sillage de leur Colombien de poids, les mauvaispentistes faisaient de beaux gros tas (bof, pas terrible, celle-là) mais nos DO refusaient de rompre, et, au bout de 25000 temps de jeu, une erreur des noirs permettait de souffler un peu. Dans le sillage de Clément bien en cannes, les bleu et rose retrouvaient leur rugby, et on crut que le coup de grâce allait être porté, quand une passe totalement aventureuse fit perdre tout le gain, et c’était reparti pour une séance de pilonnage intensif de la ligne de but des DO.
Et c’est donc là qu’il fallut retrousser les manches, ne pas s’échapper, faire tomber tout ce qui se présentait, face à des noirs déterminés à ne pas lâcher le morceau, et qui, de plus ne commettaient pas la moindre maladresse. Pendant d’interminables minutes, ça défendit, ça plaqua, ça s’accrocha à toutes les branches disponibles jusqu’à ce qu’une faute de main des noirs ne signe la fin de l’épreuve de force, qui tourna donc à l’avantage des DO.
MP : 0 DO : 0
DONC, SAUF ERREUR OU OMISSION (IMPOSSIBLE, JE PENSE) MP : 2 DO : 3, hourrah !
Pour ce qui est du Petit Grégory, les postulants furent trop nombreux pour pouvoir les citer, mais, vu la fin heureuse de l’histoire, on oubliera. Pour le aime-vie-pie, on hésitera entre Yoann, et ses cannes de feu, et Vincent, fort pourvoyeur en touche et toujours dans l’avancée.
Au rayon infirmerie, Clément, épaules de verre, mais mental d’acier, qui revint donc en jeu après avoir réduit lui-même sa luxation, et Thibaut, un bon coup dans les lombaires, sans trop de conséquences, espère t’on.
L’après-match se déroula à proximité immédiate du terrain,et, nonobstant l’exiguïté et la rusticité de l’appentis (qu’est-ce que je m’exprime bien ! Je prépare mon entrée à l’académie de billard), ce fut tout à fait chaleureux, les DO l’emportant là aussi pour ce qui est de la chanforgne.
Athlètes : FloKader, Mictibo, Aurélien, GdBert, Marco, Sam, Pat, Vincent, Nico, Serge Douanier en retraite, Serge l’électron plus ou moins libre, Olivier S, Nico, Guillaume M, Clément, Pablo, Baptiste, Thib, Yoann, Alain Gé, Eamonn, Thiéraoul, Steph, Kevin.
Autres : Alain Grospardessus avec un petit cadeau du comité.
Devil Oldies - Club de rugby loisir vétérans à Saint-Étienne
